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Ce week-end, petit café en terrasse avec ma meilleure amie. C'est le même refrain à chaque entrevue : deux cafés et deux verres d'eau, avec en prime un cendrier. Mais ce jour là, c'était différent. Pas dans le choix, mais dans l'humeur.
D'habitude, elle finissait son café en une gorgé, sans le sucrer, et ensuite elle me parlait de tout un tas de choses. Pas cette fois-ci.
Quand le serveur apporta les cafés, et la complimenta - comme presque toujours d'ailleurs, on ne lui dit que des louanges - elle n'y prêta pas attention. Quant à sa petite tasse, elle y ajouta le sucre, et resta un bon quart-d'heure devant, sans le boire, le regard dans le vide, hagard. Elle regardait le café refroidir.
Mon amie me faisait de la peine, j'aurai voulu savoir comment lui remonter le moral, comment la faire sourire, comment la faire redevenir elle-même. Ce que je ne savais pas, c'est que sa peine était irréversible, et qu'elle seule pouvait changer les choses.
J'appris qu'avec le temps, on oublie.
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